Amour

Une journée d’amour à distance

« Un seul être vous manque et tout est dépeuplé » – Alphonse de Lamartine.

Mon copain vit depuis maintenant 2 mois à 1500km de moi, et aujourd’hui je vous livre mon témoignage…

Mathieu et moi sommes ensemble depuis un peu plus d’un an maintenant. Nous nous sommes rencontrés au moment où je pensais pouvoir partir à l’étranger pour mes études en ne laissant que mes parents, et où il voulait déménager à Bordeaux pour un an. Mon  arrivée dans sa vie a changé la donne, il a décidé de rester à Nancy et de ne partir « que » 6 mois en Erasmus. Résultat : cela fait deux mois qu’il vit à Riga.

A l’heure des nouvelles technologies et techniques de communication, à l’heure des réseaux sociaux, des Skype et autres FaceTime… nous pouvons communiquer autant que nous le souhaitons, avec les personnes les plus éloignées physiquement de nous. Je pense que nous sommes (presque) tous d’accord pour dire que, globalement, il est difficile de vivre loin de la personne qu’on aime, en particulier lorsque l’on vit sur différents fuseaux horaires. Il n’y a qu’une heure de décalage horaire entre la Lettonie et la France, mais le plus dur ce n’est pas le décalage horaire, c’est le décalage entre nos rythmes de vie respectifs. Voici comment se passe une journée, devenue pour six mois, banale dans notre couple…

A 6h30, le réveil sonne, d’habitude je garde les yeux fermés encore 5 bonnes minutes, mais ce matin j’ouvre les yeux difficilement afin de regarder l’écran de mon téléphone dans le but d’y trouver des nouvelles de mon amoureux. C’est comme ça tous les matins, je m’inquiète. Est-ce qu’il est rentré ? Est-ce qu’il a trop bu ? J’espère qu’il va bien, qu’il ne lui ai rien arrivé de grave… Il y a aussi une part de possessivité, de jalousie ou de paranoïa, appelez ça comme vous voulez, alors oui je m’inquiète de savoir s’il a rencontré des filles, peut-être sont-elles mieux que moi, peut-être qu’il s’en sent plus proche car elles vivent la même expérience. Bon, je me décide à regarder mon téléphone…

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Un, deux, trois, quatre messages : il me raconte sa soirée, il a parlé avec pleins de gens, en anglais, en italien, il a beaucoup bu, trop bu, il a aussi parlé de moi à ses copains Erasmus, qui eux ont réussi à « chopper » des filles, à des filles super sympas, des belges, des allemandes, des italiennes… Il a fini par aller au mc do, rentrer et le voilà en train de m’écrire. Il se couche et me souhaite une bonne journée, alors je lui souhaite une bonne nuit et je vais me préparer. Je pense à lui, à la journée de cours, beaucoup moins fun, qui m’attend.

A 9h, je suis en cours, je m’ennuie, alors je lui envoie un message, dans lequel je lui dis des choses absolument inutiles et inintéressantes, mais j’en ai besoin et envie, envie de lui parler.

A midi, parfois à 13h, il se réveille, m’envoie un message, il a mal au ventre ou à la tête, parfois les deux. Il me demande si mes cours se passent bien, je lui répond que oui, c’est les cours quoi. Il me demande ce que je compte faire ce soir, je lui répond que je pense rentrer chez moi et me reposer car j’ai une grosse journée aujourd’hui. Je lui demande ce que lui compte faire ce soir, même si je connais déjà plus ou moins la réponse. Il me dit qu’il pense sortir, il ne sait pas encore où ni avec qui, sûrement dans un bar avec d’autres étudiants Erasmus.

A 14h, on parle un peu, de tout et de rien, on se dit qu’on se manque, qu’on aimerait bien passer l’après midi à ne rien faire, mais ensemble. Tout l’après midi, il la passera avec ses colocataires, à regarder des séries, faire une sieste, et se préparer pour la soirée suivante. Moi, je la passerai en cours, avec mes camarades, et je rentrerai chez moi pour manger avec ma famille.

A 21h ou 22h, il part en soirée tandis que je suis dans mon lit.

La soirée, il la passera comme tout étudiant Erasmus, dans un bar, chez un voisin, dans une autre colocation, chez lui ou encore en boîte de nuit… mais toujours avec de la musique, de l’alcool et des nouvelles personnes venant des quatre coins de la planète. Quant à moi, je la passerai souvent chez moi, dans mon lit, devant une série, je dormirai avant minuit. Quelques fois je sortirai un peu avec des amis dans un bar, mais je rentrerai rarement à 5h du matin en ayant trop bu.

Alors généralement à 23h environ, je m’endors lorsque sa soirée ne fait que commencer. Il me souhaite une bonne nuit, je lui souhaite une bonne soirée et lui dit à demain, qu’il me manque et que je l’aime. Et je ferme les yeux, en sachant qu’en me réveillant quelques heures plus tard, ce sera reparti pour une autre journée comme celle-ci.

Il y a certains jours où l’on se parle plus que d’autres, parfois il est en voyage alors on se parle moins et parfois il ne sort pas le soir donc on en profite pour se voir en FaceTime. Mais pas un jour ne passe sans qu’il me manque et que je ne pense à lui. N’est-ce pas ça, aussi, l’amour ? Faire des compromis, prendre sur soi afin que l’autre soit le plus heureux possible. Il n’y a pas si longtemps, Mathieu m’a demandé si je regrettais de l’avoir laissé partir et si j’aurai préféré lui poser l’ultimatum « moi ou l’Erasmus ». Je lui ai répondu que non, je ne regrettais pas et que jamais je ne lui aurait imposé de faire ce choix. Selon moi, si l’on veut qu’un couple dure et fonctionne vraiment, il ne faut avoir aucun regret, il ne faut pas s’empêcher de vivre sa vie, surtout lorsqu’on a 20 ans. Je souhaite, moi aussi, partir en Erasmus pour 6 mois, et ce dès Janvier 2017. A présent je sais que l’expérience sera difficile, mais je ne renoncerai pas à cette expérience par amour, d’autant que Mathieu me pousse à sauter le pas. Pour conclure, oui vivre à distance à des rythmes différents c’est difficile, je suis celle qui est restée, je suis souvent triste, énervée, inquiète…

Mais il est heureux, et c’est tout ce qui compte. Pour rien au monde je ne voudrai changer cela. Pour rien au monde je ne voudrais vivre sans lui.

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2 Comment

  1. Si je n’avais pas été devant mes collègues de travail à lire cet article, j’aurais laissé mes larmes montées.
    Je comprends ce que tu ressens, je vis en quelque sorte la même chose.
    Mon petit copain et moi avions carrément rompu à la rentrée, tout en se disant qu’on se retrouverait après Erasmus. Lui il est en Irlande, moi à Nancy. Pour ma part je dirais que ce qui est le plus dur au delà du fait que je suis d’accord avec toi quand au fait que nos vies sont totalement différentes, c’est de ne pas pouvoir partager ces moments et de n’être qu’un simple spectateur de la vie de l’autre.
    Pour finir je tiens à te tirer ton chapeau, vous affrontez cette épreuve de vie qui ne fera que renforcer votre amour, j’en suis persuadée 🙂 Bonne continuation à toi, tu es forte, reste le !

    1. Je ne sais pas si tu verras cette réponse, sinon je te contacterai par mail. Je suis complètement d’accord, je suis spectatrice de sa vie complètement dingue et magique… Pas toujours évident d’être heureuse pour lui et de ne pas laisser l’égoïsme l’emporter. Mais il nous reste moins de 8 semaines à tenir, et malgré tout la distance nous rapproche, on s’aime toujours autant, si ce n’est encore plus. Si c’est la même chose pour vous, ne vous séparez pas, restez ensemble et aimez vous, ca ne fera que vous rendre plus forts vous aussi. Si tu as envie ou besoin d’en parler fais-moi signe, je suis là !

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